FARA, défense des retraites
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BIOGRAPHIE DU PROFESSEUR L.POUYANNE
Le Professeur Hoerni nous propose un aperçu de la carrière si riche du Professeur Louis Pouyanne

Louis POUYANNE
Louis Pouyanne est né en 1906 dans une bonne famille protestante d’Orthez. Il entre à l’Ecole de Santé navale en 1925 mais en démissionnera bientôt en raison d’une forte myopie. Externe puis interne des hôpitaux de Bordeaux, il est séduit par le Pr. Henri Louis-Rocher et l’orthopédie à laquelle il va se consacrer. Il passe sa thèse en 1933 sur un cas de luxation traumatique du carpe.
En 1934 il est nommé chirurgien des hôpitaux et, en 1939, professeur agrégé de chirurgie infantile et orthopédique. En 1945 il devient chef du service de chirurgie de l’hôpital des Enfants, qui avait été inauguré, près du centre ville, par le président Sadi Carnot en 1888. Il accède, en 1952, à la chaire de chirurgie correspondante qu’il fera transformer en 1960 en « orthopédique et traumatologique ». Après avoir, comme souvent à l’époque, pratiqué la chirurgie générale, il va se consacrer plus spécialement à l’orthopédie, à la chirurgie infantile, à la neurochirurgie - à laquelle il s’initie auprès de Clovis Vincent à Paris pendant la guerre et dont il se désistera en faveur de son frère Henry après elle, du Grand Pou au Petit Pou - puis à la traumatologie, en suivant et souvent en précédant les progrès des disciplines chirurgicales de son époque. C’est ainsi qu’il est à l’origine du centre de Traumatologie, un des tout premiers en France, qui ouvre à Pellegrin en 1961 et représente un modèle d’organisation pluridisciplinaire. Il laisse aux Enfants les Prs Robert Geneste, qui lui succédera plus tard en Traumatologie, et Jacques Lasserre qui disparaîtra prématurément.
Toute sa carrière s’est partagée entre l’hôpital public, CHU à partir de 1958, et une pratique privée, étant un des piliers de la maison de santé protestante Bagatelle, en évitant toute confusion entre les deux secteurs. Il a assuré avec conscience ses charges d’enseignement, jouant un rôle déterminant, dans les années 1950, dans le développement de la spécialité de chirurgie orthopédique et traumatologique. Il a participé à de nombreuses recherches, en particulier sur le traitement des difformités de l’enfant: scoliose, luxation congénitale de hanche, pieds bot.
Très attaché à la « médecine de la personne » promue par le médecin de Genève Paul Tournier, il préside l’Association médico-sociale protestante qui s’en inspire et en organise deux congrès à Bordeaux, en 1951 et 1988. Après sa retraite prise à 65 ans, il préside avec dévouement et dynamisme le conseil d’administration de la Fondation John Bost à La Force, où il se retirera à la fin de sa vie avant de disparaître en 2002. Avec son épouse Marguerite, reçue major au concours d’externat mais qui abandonne la médecine, ils se consacrent ensemble à leur nombreuse famille et descendance, ainsi qu’à leurs amis, pour la plupart médecins de la faculté de médecine de Bordeaux ou collègues français de la même discipline. Son organisation, son autorité, sa probité, ses engagements sont unanimement salués par les nombreux élèves qui prolongent son oeuvre et continuent à développer et à diversifier une chirurgie qui occupe une place désormais égale, sinon plus importante que la chirurgie générale.

Bernard Hoerni
Conférence à l’Académie nationale des Sciences, Belles-lettres et Arts de Bordeaux, 3 avril 2008.


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